« La muse gaillarde » de Raoul Ponchon, premier épisode

La muse gaillarde par Raoul Ponchon est un recueil de 86 poèmes imprimé en 1939, soit 2 ans après sa mort.

Pour ce qui est de cet article, je parlerai de la reliure, puis du livre et pour finir de l’auteur.

Ensuite, dans un second article plus technique, j’expliquerai comment :

  1. j’ai réalisé les décors en photocopiant des gravures sur des parchemins.
  2. après vernissage, je les ai sertis dans les plats à l’aide de listels.

 – I) La reliure de « La muse gaillarde »

Plein cuir bleu-ciel, insertion dans les plats de parchemins sur lesquels ont été photocopiées des gravures.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, dos à 5 nerfs

Ainsi, on trouve sur le plat du devant un autoportrait de Raoul Ponchon qui se trouve en frontispice de l’ouvrage (à gauche de la page de titre).

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, autoportrait de l'auteur en frontisoice. La muse gaillarde de Raoul Ponchon, auto-portrait photocopié sur parchemin

De même, on trouve sur le plat de derrière la reproduction d’une gravure sur bois de André Dignimont, extraite de la page de titre.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, page de titre La muse gaillarde de Raoul Ponchon, décor imprimé sur parchemin

Le dos comporte cinq nerfs, le titre est à l’oeser bleu (le même que pour les listels) et la tranchefile main est bicolore bleu-blanc.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, dos à 5 nerfs La muse gaillarde de Raoul Ponchon, tranchefile bicolore

Les gardes sont en papier marbré, dans la même tonalité (camaïeu de bleus, gris relevé par une pointe de bordeaux).

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, garde couleur La muse gaillarde de Raoul Ponchon, détail papier marbré de la garde couleur

 – II) Le livre

Raoul Ponchon meurt en 1937. Deux ans plus tard paraît La muse gaillarde en version ordinaire chez Fasquelle. Ensuite, la même année, une édition de luxe réalisée par Marcel Lubineau paraît aux éditions Rieder : il s’agit de ce livre.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, une de couverture

Par ailleurs, il est illustré de 100 compositions par André Dignimont, dont :

  • 88 bandeaux gravés sur bois
  • 12 hors-texte en couleur
  • ainsi qu’un autoportrait de l’auteur en frontispice gravé à l’eau forte par Serrès.

Parmi les 12 hors-texte, en voici trois.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, illustration de Dignimont La muse gaillarde de Raoul Ponchon, illustration de Dignimont La muse gaillarde de Raoul Ponchon, illustration de Dignimont

Un des 2 000 exemplaires sur vélin blanc après 15 exemplaires sur Hollande Van Gelder et 85 exemplaires sur vélin de Rives.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, tirage

Achevé d’imprimer le 31 mai 1939 sur les presses du Maître imprimeur J. Dumoulin à Paris.

La muse gaillarde de Raoul Ponchon, achevé d'imprimer.

 – III) L’auteur

Raoul Ponchon est né en décembre 1848 à Napoléon-Vendée (aujourd’hui La Roche-sur-Yon) et est mort à Paris en décembre 1937.

Il se considérait comme un rimailleur du quotidien, indigne d’une publication officielle. Du reste, un seul livre de lui sera publié de son vivant.

Néanmoins, il serait regrettable que la postérité ne retienne de lui que ce fameux quatrain :

Quand mon verre est vide

je le plains.

Quand mon verre est plein

je le vide.

Toute la mesure de son talent !

Pour faire voyager mes reliures

8 Comments

  1. Une reliure absolument magnifique, je suis très impressionnée. Est-ce que le travail effectué pour la Biennale Mondiale de Reliure d’Art 2017 vous a inspiré pour le décor ?

  2. Une pure merveille !

    Cela me fait penser à un propos de Jean Renoir : « Je crois, voyez-vous, que finalement l’oeuvre d’art agit d’une façon occulte ; je crois beaucoup au radar dans la vie, le radar humain ; il y a une sorte de radar qui fait que l’oeuvre d’art finit par influencer les gens ; mais ça n’influence pas directement. Je crois que le fait d’aller au Louvre et de dire : « Ah, je vais regarder la Joconde ! Ah ! Je regarde la Joconde, comme c’est beau » – je crois que ça ne nous apporte rien. Mais si on sent la présence de la Joconde… Les tableaux, chez soi, il faut les pendre au mur, non pas tellement pour les regarder, mais pour qu’ils vous influencent ».
    (extrait d’un entretien publié dans les Cahiers du Cinéma, janvier 1967).

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